mercredi 8 juin 2016

Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline


Quatrième de couverture

- Oh ! Vous êtes donc tout à fait lâche, Ferdinand ! Vous êtes répugnant comme un rat...
- Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu'il y a dedans... Je ne la déplore pas moi... Je ne me résigne pas moi... Je ne pleurniche pas dessus moi... Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu'elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c'est eux qui ont tort, Lola, et c'est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir.
Mon avis
Ce que je peux affirmer, concernant ce livre, c'est que je pense qu'il faut le tenter, au moins une fois dans sa vie. Je ne dis pas qu'il remportera tous les suffrages, ou qu'il provoquera l'admiration... Mais, à coup sûr, il ne laissera pas indifférent.
"Philosopher n'est qu'une autre façon d'avoir peur et ne porte guère qu'aux lâches simulacres."

J'ai commencé cette lecture il y a deux ans, quand j'ai repris un cours de littérature française, à l'université. Je n'avais pas été au bout... J'étais arrivée à un peu plus de la moitié. Le souvenir que j'en avais en le reprenant en main? Une lecture laborieuse, et surtout, pas très joyeuse...
En le recommençant depuis le début, j'ai déjà eu une autre perspective. Le récit est resté à mes yeux pessimiste, mais je l'ai lu avec plus de facilité et de fluidité. Je ne suis pas toujours d'accord avec Bardamu, bien-sûr, et même je trouve parfois assez rébarbatives ses opinions, mais j'arrive à prendre un peu plus de recul, aussi (c'est aussi là qu'on se rend compte que l'on a grandi... fin de la parenthèse psycho). Et puis, à envisager son point de vue, un moment au moins... Sans pour autant dire d'y adhérer.
"Courage, Ferdinand, que je me répétais à moi-même, pour me soutenir, à force d'être foutu à la porte de partout, tu finiras sûrement par le trouver le truc qui leur fait si peur à eux tous, à tous ces salauds-là autant qu'ils sont et qui doit être au bout de la nuit. C'est pour ça qu'ils n'y vont pas eux au bout de la nuit !"
Cependant, je dois bien reconnaître que j'ai noté pas mal de passages qui m'ont touchée, ou que j'ai trouvé bien pertinents. Pas spécialement encourageants, ça non, mais efficaces!
"L'amour c'est comme l'alcool, plus on est impuissant et saoul et plus on se croit fort et malin, et sûr de ses droits."
Céline n'est pas un tendre avec les hommes, mais il ne l'est pas pour lui-même non plus. Voyez l'extrait du quatrième de couverture ! Et se dire qu'il n'a pas toujours tout à fait tort... Ce n'est pas bien rassurant !
Luis (de L@) m'a fait remarqué qu'il y avait aussi de l'humour dans ce récit... Oui, peut-être. Pour moi (je rajoute une petite part de perso, mais il n'y a rien à faire, ça influence la lecture) qui n'ai pas un bon moral en ce moment, il m'a surtout paru cynique.
En conclusion, je dirai que ce livre pousse à la réflexion, nous sort de notre zone de confort. Et, bon... N'est-ce pas ça aussi, la littérature?  
 

2 commentaires:

  1. J'aime bien ton avis. Les deux trois citations que tu as mises sont excellentes, comme tant d'autres dans ce roman. C'est vrai que ce qui peut irriter avec ce roman, c'est qu'il montre ce que notre confort comme tu dis à tendance à nous cacher et que l'on n'a pas forcément envie de voir. Des vérités qui mettent très mal à l'aise. On en ressort avec le sentiment très perturbant que la vie n'est qu'un horrible mensonge. Et dans tout ça, aucune leçon de morale à la Sartre ou à la Camus, tout n'est que résignation et épouvantable lucidité. Difficile d'en sortir indemne.
    C'est donc aussi ça, la littérature, en effet. ;)

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    1. Je trouve que tu l'exprimes beaucoup mieux que moi :)
      Merci de ton passage :)

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